Libérer les Innocentes : Le Ghana S’Engage à Mettre Fin aux Camps de Sorcières et à Protéger les Accusées

Un projet de loi vise à mettre fin à la stigmatisation et à la maltraitance des femmes accusées de sorcellerie
Le Ghana, l’un des derniers bastions de « camps de sorcières » au monde, se trouve à un tournant crucial alors qu’un projet de loi visant à protéger les personnes accusées de sorcellerie attend d’être signé par le Président ghanéen. Environ 500 femmes, principalement âgées, et des enfants sont actuellement réfugiés dans cinq de ces camps, subissant des mauvais traitements, l’expulsion de leurs foyers, voire même la mort, sous des accusations de sorcellerie. Sputnik Afrique a discuté de cette initiative avec le professeur John Azumah, directeur exécutif de l’Institut Sanneh d’Accra.
Les Camps de Sorcières : Prisons déguisées en Sanctuaires
Bien que la croyance en la sorcellerie soit répandue en Afrique et dans certaines parties de l’Asie, le Ghana demeure l’un des rares pays à abriter ces « camps de sorcières ». Initialement conçus comme des sanctuaires traditionnels pour abriter les femmes, ces camps ont évolué au fil du temps pour devenir des prisons déguisées, selon le professeur Azumah. Actuellement, ils servent de lieux d’exploitation et de déshumanisation pour les femmes qui s’y retrouvent, souvent en quête d’asile après avoir été accusées par leur famille ou emmenées de force.
Un Projet de Loi pour Mettre Fin aux Violences
Le projet de loi en attente de promulgation vise à envoyer un message fort, tant au Ghana qu’à la communauté internationale, soulignant que de telles croyances et pratiques sont dépassées au 21e siècle. Il est spécifiquement conçu pour protéger les femmes accusées de sorcellerie, qui sont actuellement victimes de violences, d’expulsions de leurs foyers, voire de meurtres. Le professeur Azumah est convaincu que cette législation contribuera à fermer ces camps de sorcières de manière progressive sur trois ans.
Une Stigmatisation Persistante
Même si une femme est déclarée non coupable, les « accusateurs » persistent dans leur refus de permettre son retour chez elle, créant un climat de peur parmi les femmes accusées. Le projet de loi envisage une réintégration progressive des femmes dans leurs communautés d’origine, mais certains défis subsistent. Lamnatu Adam, directeur exécutif de l’ONG Songtaba, souligne la nécessité d’un débat continu pour combler le vide entre les croyances culturelles et les principes des droits de l’Homme.
Sensibilisation et Réintégration : Clés du Changement
Malgré des progrès dans la sensibilisation aux droits de l’Homme, le Ghana a encore du chemin à parcourir pour éliminer les accusations de sorcellerie. L’ONG Songtaba a réalisé des avancées notables dans la réintégration des femmes dans leurs communautés, mais souligne le besoin d’un soutien gouvernemental continu pour garantir le succès de ces programmes.
le Ghana aspire à rompre avec une tradition dépassée en protégeant les femmes accusées de sorcellerie, marquant ainsi une étape cruciale vers l’éradication de cette pratique séculaire. Le projet de loi attend maintenant la signature présidentielle pour concrétiser ces changements essentiels.



