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CONVERGEFOOD : les coopératives renforcent leurs capacités pour mieux se préparer aux investissements

La première journée de renforcement des capacités des coopératives et des acteurs de l’écosystème d’appui de CONVERGEFOOD pour la préparation aux investissements s’est tenue le 6 octobre 2026 à Bertoua . Au cœur des échanges : les Champs Écoles Paysans, l’amélioration des pratiques de production et la recherche de solutions concrètes aux difficultés rencontrées dans les chaînes de valeur du manioc, du riz et de la production d’œufs.

La journée a débuté à 10 heures et a réuni 47 participants, dont 27 femmes et 20 hommes, autour d’un objectif commun : renforcer les connaissances, les compétences et les capacités organisationnelles des acteurs afin de mieux préparer les coopératives aux opportunités d’investissement.

L’activité a mobilisé plusieurs composantes de l’écosystème de CONVERGEFOOD, avec la participation de la FAO, du PAM/WFP et de l’UNIDO, des services sectoriels du MINADER et du MINEPIA, de 14 coopératives ainsi que des médias, notamment AD+News, Canal 2 et la CRTV.

Une rencontre tournée vers le renforcement des compétences

À l’issue de la photo de famille, une séquence d’interviews avec les médias a permis de revenir sur les enjeux de cette rencontre. Le délégué Régional du MINADER pour L’EST Mr Salomon ENDOM a notamment rappelé l’importance du renforcement des capacités des acteurs, ainsi que la nécessité de développer les compétences et les connaissances nécessaires à la réalisation d’investissements de qualité et à la consolidation des activités des coopératives.

Cette première journée a ainsi constitué un espace d’apprentissage et d’échanges entre producteurs, organisations professionnelles, services techniques et partenaires impliqués dans l’accompagnement des acteurs des chaînes de valeur.

Les Champs Écoles Paysans au centre de la première journée

La principale thématique abordée au cours de cette journée portait sur les Champs Écoles Paysans (CEP), avec des sessions animées par le PAM/WFP et la FAO.

Les échanges ont notamment mis l’accent sur l’utilisation des alignements recommandés afin d’améliorer les pratiques culturales et, à terme, les performances de production.

Une méthode expérimentale a été présentée aux participants : elle consiste à sélectionner deux parcelles présentant des superficies identiques, à réaliser les pratiques habituelles sur la première et à appliquer les techniques avec alignement recommandé sur la seconde.

Les deux parcelles doivent ensuite être suivies dans des conditions comparables, avec les mêmes méthodes de suivi, afin de pouvoir comparer les résultats et les rendements à la fin de l’expérimentation.

Cette approche permet aux producteurs d’observer directement les effets des différentes pratiques et de tirer eux-mêmes les enseignements nécessaires à l’amélioration de leurs techniques.

Du diagnostic à la recherche de solutions

Les participants ont également été sensibilisés à l’importance d’une bonne organisation et d’une bonne coordination des activités des CEP.

Les outils de planification, de suivi et de contrôle ont été présentés, notamment à travers l’utilisation d’un curriculum comprenant différents supports destinés à accompagner les producteurs dans la préparation et le suivi de leurs activités.

Une attention particulière a été accordée aux méthodes d’observation et d’échantillonnage des champs. La démarche commence par l’observation : identifier les zones affectées, décrire les problèmes constatés et déterminer les plantes concernées.

L’analyse agrosystémique, pouvant notamment s’appuyer sur des dessins ou des photographies, permet ensuite d’approfondir le diagnostic. Lorsque cela est nécessaire, les participants peuvent solliciter l’appui des spécialistes du MINADER, notamment pour l’identification des problèmes techniques et la recherche de réponses adaptées.

La démarche se poursuit par la définition des décisions et des actions à mettre en œuvre, leur suivi, l’évaluation des résultats et enfin la capitalisation des enseignements afin de contribuer à la pérennisation des CEP.

Leadership et facilitation : des compétences essentielles

La réussite d’un Champ École Paysan ne dépend toutefois pas uniquement des techniques agricoles.

Les échanges ont également porté sur l’importance du leadership et de la communication. L’écoute, la reformulation et la capacité à s’assurer de la bonne compréhension des échanges ont été présentées comme des éléments essentiels.

La gestion des conflits a également été abordée, avec un accent sur l’impartialité, la confidentialité, la responsabilité et la recherche de solutions fondées sur les faits.

Pour les facilitateurs, plusieurs attitudes ont été mises en avant : observer les producteurs, questionner, faire émerger les idées, encourager, suivre les actions et capitaliser les expériences.

Les coopératives confrontent leurs réalités et recherchent des solutions

Une séance de travail en groupes a ensuite été organisée par coopérative et par secteur d’activité.

Trois principaux secteurs se sont dégagés :

  • production et transformation du manioc ;
  • production du riz ;
  • production des œufs.

Chaque groupe a été invité à identifier les principales difficultés rencontrées dans son secteur et à réfléchir aux solutions envisageables.

Manioc : améliorer la production et la transformation

Les acteurs du secteur manioc ont notamment évoqué les difficultés liées au séchage, à la qualité des boutures, au manque d’équipements, à la commercialisation, à la conservation et aux fluctuations des prix.

Parmi les solutions proposées figurent l’utilisation de séchoirs artificiels, le recours à des spécialistes pour améliorer la qualité des boutures, la recherche de partenariats pour l’acquisition d’équipements et la mise en relation avec des facilitateurs de commercialisation.

Les participants ont également proposé la création de champs semenciers, l’adaptation du calendrier agricole, l’amélioration des techniques de préparation du sol et le recours à des mécanismes de précommande pour faciliter la conservation et l’écoulement des produits.

Riz : renforcer les pratiques et réduire les pertes

Dans la filière riz, les discussions ont porté sur l’accès aux intrants, la pénibilité de certaines opérations, les pertes liées au décorticage, les maladies, la maîtrise de l’itinéraire technique et les perturbations climatiques.

Les pistes évoquées comprennent notamment une meilleure gestion des semences, l’amélioration des techniques de semis et de séchage, le renforcement des capacités techniques et l’utilisation de solutions biologiques pour lutter contre certaines maladies.

L’adaptation des périodes de campagne aux conditions climatiques a également été évoquée.

Production d’œufs : des réponses collectives aux contraintes

Les coopératives intervenant dans la production d’œufs ont identifié plusieurs contraintes, parmi lesquelles le manque de poussins, l’insuffisance de personnel, le coût et la qualité des aliments, la présence de nuisibles, la rareté des vétérinaires, les maladies et les difficultés liées à l’électricité.

Les solutions envisagées comprennent notamment les achats groupés de poussins, la création de réseaux entre producteurs, le renforcement des capacités en matière de formulation des aliments et de biosécurité, ainsi que la contractualisation avec des vétérinaires.

L’amélioration des systèmes d’alimentation en eau et le recours aux kits solaires ont également été proposés.

Une première étape vers des coopératives mieux préparées

Au terme de cette première journée, les participants disposent de nouveaux éléments pour mieux analyser leurs pratiques, identifier les contraintes qui affectent leurs activités et construire des réponses adaptées à leurs réalités.

Au-delà des sessions techniques, les travaux ont surtout favorisé une dynamique d’échange entre les coopératives, les services sectoriels et les différents acteurs de l’écosystème d’appui de CONVERGEFOOD.

La diversité des secteurs représentés et les échanges autour des problèmes rencontrés sur le terrain ont permis de faire émerger des pistes de solutions directement liées aux réalités des producteurs et des entrepreneurs.

Cette première journée marque ainsi une étape dans le processus de renforcement des capacités et de préparation des coopératives à mieux structurer leurs activités et à saisir les opportunités d’investissement.

Par AD+NEWS

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