Bertoua : Face aux défis agricoles, la SAILD encourage la transition vers le bio

À travers un atelier de formation organisé à Institut Supérieur d’Agronomie (ISA) de Bertoua, dans le quartier Mokolo 1 à l’Est du Cameroun, le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) a réuni étudiants, producteurs agricoles, formateurs et médias autour d’une réflexion essentielle : promouvoir une agriculture biologique respectueuse de l’environnement et de la santé humaine.
L’activité, qui s’est déroulée de 10h à 14h, a mobilisé 86 participants, femmes et hommes. Parmi eux figuraient étudiants, formateurs, curieux des représentants médiatiques, notamment ADPLUSNEWS, et autres , ainsi que des visiteurs et producteurs de culture venus s’imprégner des techniques liées aux biofertilisants.
Une formation axée sur les enjeux de l’agriculture biologique
Après l’arrivée et l’installation des participants dans la salle de conférence de l’Institut Supérieur d’Agriculture (ISA) de Bertoua, la cérémonie a débuté par le mot d’accueil de M. Appolinaire TETANG, organisateur de l’atelier. Celui-ci a présenté le thème ainsi que les objectifs de la séance, centrés sur la vulgarisation des pratiques agricoles durables.
La principale communication a été assurée par l’expert M. Ella à travers une présentation PowerPoint détaillée portant sur les biofertilisants et leurs impacts positifs. Plusieurs thématiques ont été développées, notamment :
- les avantages des biofertilisants pour la santé humaine ;
- la préservation de la fertilité des sols ;
- l’amélioration du rendement agricole ;
- la protection de l’environnement ;
- la définition des principaux concepts liés à l’agriculture biologique.
L’expert a également posé une question centrale à l’assistance : « Quel type d’agriculture pour l’avenir ? » Une interrogation qui a conduit les participants à réfléchir sur les limites de l’agriculture conventionnelle et sur les opportunités offertes par l’agriculture biologique.
Des démonstrations pratiques pour renforcer les capacités
L’atelier s’est poursuivi avec la présentation des éléments nécessaires à la fabrication de 10 litres d’engrais biofertilisants naturels, suivie des différentes étapes de préparation.
Une phase pratique a permis aux participants de manipuler les ingrédients et de découvrir concrètement le processus de fabrication des engrais biologiques. Cette approche participative a suscité un grand intérêt auprès des étudiants et des producteurs présents.
La séance a également été marquée par une importante phase de questions-réponses, au cours de laquelle plusieurs préoccupations ont été soulevées par les participants.



Des échanges enrichissants autour de la rentabilité et des défis du bio
Parmi les questions abordées figurait celle de la possibilité de trouver un équilibre entre l’utilisation des engrais biologiques et des engrais chimiques. En réponse, l’expert a expliqué que cette problématique nécessite davantage de recherches académiques, même si des études existent déjà sur le sujet. Il a insisté sur l’importance de documenter et publier les résultats afin d’orienter les producteurs.
Concernant l’écoulement des produits biologiques sur le marché, les participants ont été encouragés à identifier une clientèle spécifique sensible aux produits bio, à fidéliser les consommateurs et à éviter le mélange avec les produits issus de l’agriculture conventionnelle.
Sur la question de la rentabilité, l’expert a souligné que les expériences démontrent l’efficacité des biofertilisants dans des conditions similaires d’utilisation. Contrairement aux engrais chimiques dont l’action est rapide mais de courte durée, les engrais biologiques agissent progressivement et durablement sur les sols.
Enfin, répondant à une préoccupation sur la pertinence de promouvoir l’agriculture biologique face aux méthodes intensives à forte production, les organisateurs ont rappelé que l’agriculture chimique avait initialement pour objectif de répondre aux crises alimentaires mondiales. Toutefois, ses conséquences sur l’environnement, la biodiversité et la santé humaine demeurent préoccupantes.
Selon les intervenants, le Cameroun dispose encore d’importantes terres cultivables pouvant favoriser le développement d’une agriculture plus saine et durable. L’agriculture biologique apparaît ainsi comme une alternative stratégique pour préserver la biodiversité, protéger la santé des populations et limiter les risques de maladies liées aux produits chimiques.


Une initiative saluée par les participants
L’atelier s’est achevé dans une ambiance conviviale par une photo de famille, suivie d’un casse-croûte et de rafraîchissements. Le mot de clôture prononcé par M. Apollinaire a permis de remercier l’ensemble des participants et partenaires ayant contribué à la réussite de cette initiative.
À travers cette activité, la SAILD confirme son engagement en faveur du renforcement des capacités des jeunes et des producteurs agricoles, tout en encourageant la transition vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’homme et de l’environnement.

Par ADPLUS NEWS, média en ligne engagé dans les questions sociales, humanitaires et de développement en Afrique et dans le monde.




