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Les sites de l’UNESCO, des atouts sous-exploités face à l’urgence climatique

Du patrimoine mondial aux réserves de biosphère, les sites désignés par l’UNESCO jouent un rôle clé face au dérèglement climatique, en protégeant la biodiversité, en soutenant les économies locales et en abritant près de 900 millions de personnes. Mais leur potentiel reste largement sous-exploité, selon un rapport publié à l’occasion de la Journée de la Terre nourricière.

À eux seuls, ces sites renferment environ 240 gigatonnes de carbone, soit l’équivalent de près de vingt années d’émissions mondiales actuelles si ce carbone venait à être libéré. Leurs forêts représentent également près de 15 % du carbone absorbé chaque année par les forêts à l’échelle mondiale.

Malgré ce rôle crucial, ils restent encore peu intégrés dans les politiques climatiques. Alors qu’ils figurent dans près de 80 % des plans nationaux pour la biodiversité, seuls 5 % sont inclus dans les plans nationaux relatifs au climat.

« Le constat est clair : les sites de l’UNESCO sont bénéfiques tant pour les populations que pour la nature. Au sein de ces territoires, les communautés s’épanouissent, le patrimoine de l’humanité perdure et la biodiversité résiste alors qu’elle s’effondre ailleurs », déclare Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO.

Sixtahuella Flores tient un gros paquet de fibres de vicuña crues dans ses mains, debout à côté de son mari à Pampa Uta, près du volcan enneigé de Chungará dans le parc national de Lauca, au Chili, le 5 novembre 2025.

© UNESCO/Tamara Merino

Une femme se tient avec son mari, tenant un paquet de fibres de vigogne fraîchement tondues à Chungará, dans le parc national de Lauca, au Chili.

Des écosystèmes sous pression croissante

Près de 90 % de ces sites sont aujourd’hui confrontés à des niveaux élevés de stress environnemental, tandis que les risques liés au climat ont augmenté de 40 % au cours de la dernière décennie.

Sans mesures renforcées, plus d’un site sur quatre pourrait atteindre un point de basculement critique d’ici 2050, avec des conséquences potentiellement irréversibles, allant de la disparition des glaciers à l’effondrement des récifs coralliens, en passant par le déplacement d’espèces, l’aggravation du stress hydrique et la transformation des forêts de puits de carbone en sources de carbone.

Des territoires où nature et sociétés sont indissociables

Au total, ces sites abritent près de 900 millions de personnes, soit environ 10 % de la population mondiale. Ils recensent également plus de 1.000 langues et, dans au moins un quart des cas, englobent des terres et territoires de peuples autochtones.

Une vue panoramique d'une rivière turquoise qui coule à travers une vallée boisée et verdoyante, entourée de montagnes sous un ciel bleu.

© UNESCO/SNadim Kesserwani

La réserve de biosphère de Jabal Moussa est située sur les pentes occidentales de la chaîne du mont Liban et surplombe la mer Méditerranée.

Ils contribuent également de manière significative à l’économie mondiale, avec environ 10 % du produit intérieur brut généré dans ces zones et leurs environs.

Alors que les populations d’animaux sauvages ont chuté de 73 % dans le monde depuis 1970, celles des sites protégés par l’UNESCO sont restées relativement stables — preuve que ces modèles de gestion peuvent fonctionner.

Mais sans investissements et sans intégration accrue dans les politiques climatiques, ces équilibres restent fragiles.

Un appel à agir sans attendre

« Le rapport constitue un appel urgent à relever le niveau d’ambition, en reconnaissant les sites de l’UNESCO comme des atouts stratégiques dans la lutte contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité, et à investir dès maintenant afin de protéger les écosystèmes, les cultures et les moyens de subsistance des générations futures », ajoute le chef de l’UNESCO.

Une femme sami, vêtue d'un costume et d'un couvre-chef traditionnels rouges, se tient au milieu d'un grand troupeau de rennes dans la région de Laponie, en Suède.

© UNESCO/Ola Jennersten

À cheval sur le cercle polaire arctique, la réserve de biosphère Vindelälven–Juhttátahkka englobe une grande partie de la réserve naturelle de Vindelfjällen, l’une des plus grandes d’Europe.

Le rapport appelle aussi à intensifier les actions en s’appuyant sur plusieurs priorités, notamment la restauration des écosystèmes, le renforcement de la coopération transfrontalière, une meilleure intégration de ces sites dans les politiques climatiques et une gouvernance plus inclusive à l’égard des peuples autochtones et des communautés locales.

Pour l’UNESCO, investir dans ces territoires aujourd’hui revient à protéger des écosystèmes irremplaçables, des cultures vivantes et les moyens de subsistance de centaines de millions de personnes pour les générations à venir.

Source : ONUINFO

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