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Tunisie: un Projet de Loi Anti-ONG suscite des Inquiétudes

Un Moment d’Unité Post-Guerre de Gaza

La récente guerre de Gaza a créé un rare moment d’unité politique en Tunisie, mais cette unanimité pourrait entraîner l’adoption d’une législation qui risque de restreindre les activités des organisations de la société civile et d’isoler le pays sur la scène internationale.

La Présidence de Saïed et la Dissidence Croissante

Alors que la présidence de Kais Saïed a généré un sentiment de dissidence, de nombreux Tunisiens se débattent entre le ressentiment envers son régime autoritaire et l’absence perçue d’alternatives crédibles. La guerre de Gaza a toutefois créé une unité inédite dans la société tunisienne, surpassant même les liens tissés lors de la révolution de 2011.

Une Opinion Publique Influençant les Propositions de Loi

La colère profonde du public contre Israël et ses alliés occidentaux, accusés de ne pas demander de retenue à l’État hébreu, a ravivé les débats sur des propositions visant à restreindre le travail des ONG en Tunisie. Ces propositions, portées par un groupe de parlementaires, cherchent à réécrire le décret post-révolutionnaire 88, autrefois salué comme l’une des meilleures lois mondiales sur la libre association.

Des Inquiétudes Concernant les ONG et les Soutiens Occidentaux

Les objections émises par la députée Fatma Mseddi, notamment sur le soutien des ONG aux réfugiés noirs sans papiers, ont contribué à cette initiative législative. Les propositions pourraient affecter toutes les ONG opérant en Tunisie, exposant celles qui ont reçu un financement occidental à des critiques exacerbées par le ressentiment public envers le soutien occidental à Israël.

Appel à Soutenir les ONG Locales Indépendantes

Des voix, dont celle d’Amine Kharrat d’Al Bawsala, s’élèvent contre ces révisions de la loi sur les ONG, qualifiant la législation de mal rédigée et donc dangereuse. En réponse, certains plaident en faveur d’une indépendance financière totale des ONG tunisiennes vis-à-vis du financement étranger, suggérant la création d’un système de dons provenant de citoyens tunisiens pour préserver leur indépendance.

La Tunisie se trouve à la croisée des chemins, entre la recherche d’une stabilité politique et la préservation de la liberté d’action des organisations de la société civile.

par Theo Ngoughou, Consultant en communication pour projets H&D

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