Humanitarian

Le paradis dans la tête (ou l’histoire d’un enfant soldat)

Émigrer. Du latin je vais migrer: changer de résidence, déménager. La migration humaine est un phénomène ancien qui a marqué toutes les sociétés presque sans exception. Cependant, au cours des dernières décennies, son évolution a considérablement changé. L’ampleur de la migration va des distances parcourues, de la fréquence des déplacements au cours du parcours de vie ou du profil des migrants jusqu’à la cause qui provoque le besoin de migrer.

Parler de l’ampleur de ce phénomène nous amène inévitablement à parler de chiffres. Selon la Commission espagnole d’assistance aux réfugiés (CEAR), jusqu’à présent en 2023, près de 32 000 personnes sont arrivées aux îles Canaries, avec un rebond inhabituel à partir du mois d’août. «L’attention du monde entier se porte désormais, à juste titre, sur la catastrophe humanitaire à Gaza. Mais à l’échelle mondiale, trop de conflits prolifèrent ou s’intensifient, détruisant des vies innocentes et déracinant des populations », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. Les dernières données du HCR indiquent que fin juin, 110 millions de personnes avaient été déplacées de force dans le monde, soit une augmentation de 1,6 million par rapport à fin 2022.

Il est difficile d’imaginer que derrière chaque personnage il y a une personne, dont la vie est déjà à jamais marquée par le fait de devoir migrer – souvent synonyme de fuite. Bien qu’il s’agisse d’une tragédie actuelle, nous ne connaissons pas leur histoire de vie et le parcours de leur voyage jusqu’à ce qu’ils atteignent leur destination.

Le comique, allié de l’empathie

En plus d’être une usine inépuisable de fantasmes, le roman graphique s’est toujours caractérisé par le fait de raconter ce qui se passe dans le monde. Le cauchemar vécu par les migrants qui font naufrage en tentant de rejoindre les côtes européennes n’est pas une exception, mais il a rarement été raconté d’une manière aussi choquante et émouvante que celui de Le ciel dans la tête (Norme éditoriale, 2023). Il s’agit du dernier travail du dessinateur Sergio García (Prix national de l’illustration 2022), du scénariste Antonio Altarriba (Prix national de la bande dessinée 2010) et de la coloriste Lola Moral. Les trois créateurs sont les gagnants de la IXe édition du Prix ​​Grenade Noirle festival multiculturel célébré à Grenade dans les premières semaines de novembre.

Jusqu’à présent, en 2023, près de 32 000 personnes sont arrivées aux îles Canaries–

Le ciel dans la tête C’est une œuvre qui secoue. Selon l’éditeur lui-même, il s’agit « d’une épopée graphique moderne, avec des échos de tragédie et de réalisme magique, basé sur une triste vérité : celle de milliers d’immigrés africains se dirigeant vers les côtes européennes». La bande dessinée, qui vient de paraître en Espagne, reçoit déjà un excellent accueil en France, où les critiques la qualifient de « chef-d’œuvre ». Le ciel dans la tête Il donne un nom et un visage à la tragédie abstraite de l’émigration

Il raconte le parcours de Nivek, depuis son travail dans des conditions d’esclavage dans les mines de coltan de la République du Congo jusqu’à son arrivée à Grenade, en passant par la terrible expérience d’être recruté comme enfant soldat à l’âge de 12 ans, parvenant à s’échapper et à traverser la jungle, la savane, le désert et enfin la mer. “Un voyage guidé par les étoiles, par le rêve d’une vie meilleure, une vie aussi infinie, pleine et vaste qu’une mer d’étoiles”, selon Nivek lui-même, qui a atteint les côtes européennes en traversant la Méditerranée sur un bateau pneumatique. de Libye. Le voyage de Nivek est condensé en 144 pages, où chacun des sept chapitres qui structurent l’histoire représente un lieu différent où se déroule le voyage : la jungle, la savane, le désert…

Une culture qui transforme

Selon les mots de Jesús Lens et Gonzalo Gómez, directeurs du festival : « Le regard de ses trois créateurs démontre leur engagement à transformer le monde à travers la culture. Grâce à eux, nous nous rapprochons de réalités si lointaines, mais en même temps si proches, de notre quotidien, comme l’émigration, les guerres ou la solitude des mégalopoles du 21e siècle».

Le scénariste Antonio Altarriba souligne que le prix “contribue à donner de la visibilité à l’art de raconter en vignettes” tout en “contribuant à diffuser les causes et les conditions de la migration, thème central du livre”. L’histoire de Nivek n’est qu’une parmi une mer d’histoires possibles, mais peut-être qu’à travers la bande dessinée, elle servira à sensibiliser et à aider ses lecteurs à mieux comprendre le drame des enfants soldats et de l’émigration.

Source: fr.eseuro.com

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