Tchad: Aperçu de la situation humanitaire au Sud Octobre 2023

Le sud du Tchad reste profondément affecté par l’impact de la crise centrafricaine, les conflits intra et intercommunautaires et les enlèvements contre rançon, les inondations, l’insécurité alimentaire et les urgences sanitaires.
A la suite des conflits intercommunautaires d’avril à juin, qui ont provoqué des dizaines de morts, des blessés et des déplacements de population une évaluation conduite par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) en août 2023 dans la province du Logone oriental estime qu’environ 38 700 personnes sont déplacées dont 26 000 retournés anciens PDI, 9 200 retournés revenus de l’étranger et 3 400 personnes déplacées internes.
La majorité des personnes déplacées, soit 91% sont déjà retournées dans leurs localités d’origine. 73% des localités évaluées ont exprimé les besoins alimentaires comme priorité, suivi des besoins de services sociaux de base (santé, eau potable et éducation).
Par ailleurs, selon les chiffres publiés en septembre 2023 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en République centrafricaine (RCA), 31 779 demandeurs d’asile, majoritairement des femmes et des enfants et 5 600 réfugiés centrafricains se sont déplacés du sud du Tchad vers la RCA en mai 2023 à la suite ces attaques armées.
Les derniers chiffres disponibles (novembre 2019) de la matrice de suivi des mouvements de populations, dénombrent 77 650 retournés tchadiens ayant fui les violences en République Centrafricaine depuis 2013.
Entre juillet et septembre 2023, plusieurs incidents de protection ont été relevés entre autres 02 cas d’enlèvements contre rançons dans le Mayo-Kebbi Ouest, 02 cas de viol et 13 cas de meurtre par des individus armés parmi lesquels 05 cas se trouvent dans la Nya Pendé.
Quelques alertes d’inondations ont été enregistrées entre août et fin septembre 2023 dans les provinces du Logone oriental, du Mandoul, de la Tandjilé, et du Mayo Kebbi Est avec les conséquences humanitaires suivantes fournies par les services étatiques notamment le SISAAP et l’ANADER : 18 130 Ha des cultures détruits, 2 700 maisons écroulées, 5 morts à Doba rural dans la sous-préfecture de Beboni, 110 blessés et 21 petits ruminants tués. En août, 2 400 personnes de la sous-préfecture de Katawa, Mayo-Kebbi Est ont traversé la frontière pour trouver refuge au Cameroun dans la localité de Moura, arrondissement de Maga, dans le Mayo-Danay à la suite de la rupture de la digue Bangor-Gamsai qui a entrainé le déversement des eaux dans leurs villages et la destruction des maisons, champs, points d’eau et latrines.
Le cadre harmonisé de juillet 2023 estime à 1 864 299 le nombre des personnes en insécurité alimentaire, dont 635 000 en phase 3 à 5 dans les quatre provinces du sud. Le retard des travaux champêtres et la destruction des champs dus aux conflits armés et les inondations pourront exacerber la situation alimentaire et nutritionnelle déjà préoccupante dans la zone.
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UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs



