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Plus de 4600 associations de la société civile reconnues au Tchad, quel rôle jouent-elles ?

Ce dernier temps, on assiste à la création de beaucoup d’associations de la société civile, toutes catégories confondues. Comment justifier cette prolifération ? Leur création respecte-t-elle les conditions ? Jouent-elles réellement les missions qu’elles se sont assignées? 

Le Directeur Adjoint des Affaires Politiques et de l’Etat Civil du Ministère de Administration du Territoire, de la Décentralisation et de la Bonne Gouvernance, Ali Sougour Dicko, indique que « la liberté d’association, enracinée dans la Charte de Transition et réglementée par l’Ordonnance N°023/PR/2018, a vu l’émergence de diverses associations au Tchad». Selon lui, la prolifération actuelle reflète la prise de conscience citoyenne et un engagement croissant pour le développement du pays.

Les associations, définies comme des conventions non lucratives, prennent diverses formes, de la jeunesse aux droits de l’homme. Cependant, l’augmentation récente concerne particulièrement les organisations de la société civile à tendance politique, suscitant des préoccupations quant à leur contribution réelle au développement socio-économique.

«Les associations au Tchad nécessitent une autorisation de fonctionner, avec des critères stricts tels que la déclaration de fondation, les statuts, et un processus d’approbation par le Ministre de l’Administration du Territoire. La prolifération a conduit à un examen plus rigoureux des demandes, avec plus de 100 demandes de création enregistrées mensuellement », indique Ali Sougour Dicko. Il souligne que «  les coalitions entre partis politiques et associations civiles sont formellement interdites. Il reconnaît la nécessité de s’interroger sur l’impact réel de ces associations, en particulier celles à tendance politique, sur l’unité nationale. «Le Ministère peut dissoudre une association en cas de violation des principes constitutionnels ou des activités contraires à l’ordre public. Cependant, cette mesure est réservée aux situations graves où l’intégrité nationale est compromise. »

Monsieur Dicko révèle qu’actuellement, 4678 associations sont enregistrées, mais il souligne que ce chiffre est relativement faible par rapport à la population.

Le sociologue Arnaud Ndjilmbaye complète la discussion en soulignant que la montée des associations a débuté depuis les années 90 avec l’avènement de la démocratie. Il évoque les défis administratifs, notamment l’obtention de papiers légaux, et critique parfois le laxisme dans la délivrance d’autorisations. «Les défis administratifs auxquels sont confrontés les jeunes qui désirent militer dans les OSC sont rien d’autre que la lutte pour l’obtention des papiers légaux. C’est dire que le ministère de l’administration du territoire qui est habilité à délivrer l’autorisation de fonctionner aux différentes organisations brillent de fois de laxisme dans la délivrance des autorisations même provisoires. »

La prolifération des associations de la société civile au Tchad, bien qu’indicative d’une participation citoyenne croissante, soulève des questions sur leur contribution effective au développement. Les Organisations de la Société Civile ont pour but la défense des intérêts moraux et fondamentaux de leur membre et partant de la société dans son ensemble. Malheureusement, certaines confondent leurs rôles et osent agir de fois comme des partis politiques.

Golbédjé Toussaint Hassan, stagiaire

Source: https://tchadinfos.com/plus-de-4600-associations-de-la-societe-civile-reconnues-au-tchad-quel-role-jouent-elles/

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