Le monde comptera-t-il jusqu’à 1,2 milliard de réfugiés climatiques d’ici à 2050 ?

Selon Adrien Quatennens, jusqu’à 1,2 milliard de réfugiés climatiques seront dénombrés dans le monde à l’horizon 2050.En plein débat sur le projet de loi immigration, le député LFI juge donc impératif de tenir compte des conséquences du dérèglement du climat sur les mouvements de population.L’estimation qu’il avance doit toutefois être prise avec précaution, comme toutes celles formulées à ce sujet.
Adrien Quatennens n’a visiblement pas apprécié l’émission « L’Événement », diffusée jeudi soir sur France 2, autour des questions liées à l’immigration. Un « débat nullissime », a-t-il fustigé, dénonçant le fait qu’aucun responsable de gauche n’ait évoqué « les causes des mouvements de population ». Pour étayer son propos, le député LFI a souligné que le dérèglement climatique pourrait à lui seul engendrer « jusqu’à 1,2 milliard de réfugiés en 2050 ». Un chiffre à manier avec prudence.
Une fiabilité très relative
Ce n’est pas la première fois que, dans les rangs des Insoumis, des chiffres relatifs aux réfugiés climatiques sont avancés. Il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon notait par exemple que l’on en compterait environ 260 millions dans le monde d’ici à 2030. L’ancien candidat à la présidentielle faisait alors référence à une estimation de l’ONG Oxfam, comme nous vous l’expliquions dans un article rédigé à l’époque.
Adrien Quatennens, lui, se réfère aux données fournies par le think tank australien Institute for Economics and Peace. En 2020, celui-ci évoquait le déplacement éventuel de 1,2 milliard de personnes dans le monde d’ici à 2050. Un chiffre qui incluait toutefois d’autres motifs de migration, à l’instar des conflits armés, sans faire uniquement référence au climat.
Une fiabilité très relative
Ce n’est pas la première fois que, dans les rangs des Insoumis, des chiffres relatifs aux réfugiés climatiques sont avancés. Il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon notait par exemple que l’on en compterait environ 260 millions dans le monde d’ici à 2030. L’ancien candidat à la présidentielle faisait alors référence à une estimation de l’ONG Oxfam, comme nous vous l’expliquions dans un article rédigé à l’époque.
Adrien Quatennens, lui, se réfère aux données fournies par le think tank australien Institute for Economics and Peace. En 2020, celui-ci évoquait le déplacement éventuel de 1,2 milliard de personnes dans le monde d’ici à 2050. Un chiffre qui incluait toutefois d’autres motifs de migration, à l’instar des conflits armés, sans faire uniquement référence au climat.
Cette projection à 30 ans peut sembler alarmiste, surtout lorsqu’elle est comparée à celle de la Banque mondiale, qui en présente de très différentes. L’institution, elle, tablait sur le déplacement interne de 216 millions de personnes d’ici à 2050. Cet écart, qui traduit la grande variété des estimations sur la question, incite donc à la plus grande précaution. Une étude de la Délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés soulignait d’ailleurs en 2021 que « mesurer de façon incontestable le phénomène » des migrations climatiques relève en pratique « de la gageure ».
L’ONU partage ces réserves et juge « difficile de distinguer les cas dans lesquels le facteur environnemental est le principal déclencheur des migrations, ou s’il s’agit plutôt d’autres facteurs ou d’une combinaison de plusieurs facteurs ». Et pour cause, ces données ne prennent généralement « pas en compte la durée du déplacement des personnes, leur retour chez elles ou leur réimplantation ailleurs, ni les personnes qui ne sont pas hébergées dans des camps ou qui subissent des déplacements à long terme ». Sans oublier le fait que des individus victimes du changement climatique n’ont pas les moyens de migrer vers des lieux où ils seraient moins exposés. Des populations décrites comme « prises au piège » par les Nations unies.
Source: tf1info.fr



